Napoleon et le baron Hilaire Reynaud

Il semble peu probable que Napoléon ait un jour visité Saint Hilaire. Pourtant, le premier baron, Hilaire Reynaud et Napoléon se connaissaient bien.

Hilaire était un enfant du pays qui, après avoir étudié au collège militaire, s’est engagé dans l’armée comme sergent-major à l’âge de 14 ans. Il a semble-t-il attiré l’attention du colonel du régiment qui l’a nommé lieutenant, puis aide de camp pendant la campagne d’Italie.

La bataille de Marengo

Hilaire fut ensuite transféré dans la Garde consulaire, la garde d’élite de Napoléon qui deviendra plus tard la Garde impériale, juste avant la bataille de Marengo. 

Marengo est l’une des plus célèbres victoires de Napoléon au cours de laquelle la Garde a eu un rôle héroïque.

Nous trouvons ici une référence à Hilaire faisant partie de l’entourage élargi de Napoléon comme « l’un des hommes à qui le Premier Consul confia sa sécurité dès le premier jour : Duroc, l’aide de camp préféré et qu’on pourrait presque qualifier d’ami si bonaparte avait eu des amis, et l’adjoint de celui-ci le futur général Reynaud qui l’avait connu en Italie et qui rejoignit successivement Clement – ancien officer de l’etat major de Desaix – et Philipe de Segur sans compter Lannes qui commandait la garde consulaire.»

Hilaire aux Antilles

De 1800 à 1804, Hilaire était affecté à Saint-Domingue où il est permis de se demander s’il fut impliqué dans la vente du vaste territoire français d’Amérique du Nord (vente qui a permis de doubler la taille des États-Unis).

Quoi qu’Hilaire ait fait aux Antilles, on peut penser que les choses se sont bien passées puisqu’à son retour, Napoléon lui a remis la Légion d’honneur et l’a nommé colonel du 15e régiment d’infanterie de ligne pour la campagne contre la Prusse et la Russie.

Baron Hilaire Reynaud

Napoléon et la garde consulaire à Marengo

Napoleon à Friedland

Jéna and Freidland

Après avoir battu les Prussiens à Iéna, Napoléon s’est tourné vers les Russes et c’est à la bataille de Friedland que nous avons le récit le plus détaillé d’une rencontre entre les deux hommes. 

Le régiment d’Hilaire faisait partie du VIIIe Corps de Mortier, arrivé avant Napoléon et le gros des troupes. En infériorité numérique à ce stade, Mortier et Hilaire devaient tenir le centre tandis que Ney devait attaquer sur la droite.  

Voici le récit d’un témoin oculaire…

La rencontre d’Hilaire avec Napoléon à Friedland

Imaginant que les Russes n’avaient lancé une attaque que pour couvrir leur retraite ….., il [Napoléon] fut très surpris d’entendre une canonnade puissante et prolongée. Inquiet, il poussa sa monture, que peu d’autres chevaux pouvaient suivre, et se retrouva rapidement parmi de nombreux blessés qui se dirigeaient vers les ambulances. Parmi eux, il reconnut le Colonel Reynaud du 15e régiment de ligne, et s’arrêta pour lui demander ce qui s’était passé, si son régiment avait battu en retraite, et dans quelles circonstances il avait été blessé.

 Reynaud, qui avait été atteint par une balle [de mousquet], répondit que, fatigué de voir son régiment sans réaction face à des tirs dévastateurs, il avait ordonné à celui-ci d’avancer et de charger les canons de l’ennemi dans l’espoir d’en prendre quelques-uns. Mais une tranchée qu’il n’avait pas pu voir avait arrêté les hommes, dont 1 500 furent abattus sur place. Il ajouta : « Sur le plateau de Friedland, derrière la position que j’espérais prendre, l’ennemi vient de regrouper un nombre considérable d’hommes, certainement pas moins de 80 000. » 

L’Empereur, qui ne percevait toujours pas la réalité des choses, trouva ce récit exagéré, et s’écria : « Ce n’est pas vrai ! » à quoi Reynaud, irrité de ne pas être cru, répondit : « Eh bien, je vous jure sur ma tête que les chiffres que je vous ai indiqués sont vrais, et qu’il y a du pain sur la planche ». La seule réponse de l’Empereur fut de donner un grand coup d’éperon à son cheval, qui bondit furieusement en avant, entraînant son maître au milieu même des tireurs d’élite.»  

Napoléon remporta la bataille et signa un traité de paix avec le tsar Alexandre 1er, qui déclara : « Monsieur, je déteste les Anglais autant que vous et je suis prêt à vous aider dans toute opération contre eux ».

Malgré les pertes élevées et l’échec de la prise des canons, il semble que les actions d’Hilaire aient été perçues positivement car il fut félicité pour sa bonne conduite par Mortier et peu après, il fut nommé Baron de l’Empire et promu Général de Brigade.

La guerre péninsulaire et Hilaire en Angleterre

Malheureusement, nous n’avons pas d’autres preuves de la collaboration entre Napoléon et Hilaire. Hilaire et sa brigade ont participé à la guerre péninsulaire, mais celle-ci a tourné court lorsque, parti en éclaireur avec seulement 4 compagnons, Hilaire fut capturé par des guérilleros espagnols et livré aux Britanniques.        

Hilaire passa les quatre années suivantes comme « prisonnier de guerre » à Reading. En tant qu’officier, son sort contrastait fortement avec celui des simples soldats. À l’époque, il était d’usage que les officiers soient autorisés à prendre un logement privé et à mener une vie normale, à condition qu’ils promettent de ne pas quitter la ville. D’après les récits de l’époque, il semble que les officiers français et polonais étaient considérés comme les bienvenus dans la société de Reading !          

La Restauration, Waterloo et après

À son retour en France en 1814, Hilaire s’est vu confier un poste dans l’armée de Louis XVIII. Mais, lorsque Napoléon revint de son exil sur l’île d’Elbe, Hilaire dut à nouveau servir sous ses ordres.      

Cependant, Hilaire ne participa pas directement à la campagne de Waterloo, car il avait été affecté à un poste de commandement dans la milice chargée de défendre Paris.

Lettre d’anoblissement d’Hilaire  

Stèle à la mémoire des prisonniers de guerre marquant la limite de la ville.

L’héritage de Napoléon

Napoléon peut être considéré comme un conquérant libéral diffusant des idées révolutionnaires, de méritocratie et de gouvernement moderne dans toute l’Europe. Cependant, les opinions sur la place de Napoléon dans l’Histoire diffèrent fortement.             

Il fut sans aucun doute l’un des plus grands chefs militaires de l’Histoire et domina tellement son époque que l’Histoire européenne entre 1800 et 1815 est communément appelée l’ère napoléonienne.            

Napoléon a également permis à la France de réaliser de grandes avancées en termes d’égalité et d’efficacité de l’État grâce à ses réformes administratives et juridiques, qui restent au cœur d’une grande partie du droit français.      

Cependant, le coût humain de ses campagnes militaires fut énorme et les conditions sévères imposées aux ennemis vaincus ont attisé les haines nationales qui ont peut-être contribué au déclenchement de futurs conflits en Europe.

Paroles d’un homme

Napoléon est connu pour de nombreuses citations célèbres. En voici quelques-unes qui ne semblent pas si décalées 200 ans après sa mort.           

Impossible est un mot que l’on peut seulement trouver dans le dictionnaire des imbéciles.

Si vous voulez une chose bien faite, faites-la vous-même.

La victoire appartient au plus persévérant.